mardi 10 avril 2012

L’humour et les stéréotypes : « Peut-on vraiment rire de tout ? »


L’humour et les stéréotypes : « Peut-on vraiment rire de tout ? »


Qui n’a jamais fait de blague stéréotypée? Qui ne s’est jamais moqué d’un groupe d’individus juste pour rigoler ? Lorsqu’un individu se trouve offensé par une blague de ce type, nous répliquons immédiatement  par un commentaire qui en diminue le sens : «  Ah ! mais ce n’est qu’une blague. Ne prends pas tout au sérieux ». Dans ce genre de situation, l’humour à souvent  bon dos et « il permet toujours de disqualifier la parole de celui qui en est le sujet. […]. Ne pas rire [..de la blague...], pour le concerné, c'est se voir accusé de pisse- froid, de manquer d'humour. Mais le concerné, celui qui est visé par la blague a déjà entendu mille fois, dix mille fois la même blague. » (voir l’article en cliquant sur le lien suivant http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1465-les-blagues-a-toto.html de Val érie CG)

Blagues racistes, homophobes ou sexistes. Est-ce vraiment sans arrière-pensée ?
L’humour reflète souvent l’inconscient d’une société qui a des idées préconçues, parfois teintées de racisme, d’homophobie, d’islamophobie ou de sexisme. Je dirais même  qu’une certaine forme d’humour est souvent culturelle.  Avant de réfléchir à la question centrale, essayons  d’abord de mieux comprendre ce que sont les stéréotypes, d’appréhender d’où ils viennent  et de mieux concevoir comment cela nous affecte.

Qu’est-ce qu’un stéréotype ?
Un stéréotype est une image figée  et un jugement préconçu sans réflexion concernant une catégorie sociale ou un groupe de personnes.  En fait, les stéréotypes «énoncent des  généralités qui sont assimilées à des normes, des codes sociaux. Ils façonnent nos comportements. Ils changent selon les sociétés, les époques…» ( Voir la vidéo de l’association  LPLM en cliquant sur le lien suivant : http://lplm.fr/spip/spip.php?article4012)

D'où viennent ces stéréotypes?
Le processus de  catégorisation est naturel et permet de simplifier notre environnement par rapport à des caractéristiques générales. Ils permettent souvent de rationaliser nos peurs, notre bigoterie et notre ignorance. Yves Gastaut explique clairement ce que nous ressentons lorsque nous avons peur de l’autre : « Rejeter devient alors une logique aveuglante, souvent au nom de la préservation d’une tradition ou d’une identité ». (http://www.aulaintercultural.org/article.php3?id_article=2377

Pourquoi les stéréotypes affectent notre inconscient collectif ?
Ces stéréotypes s’imprègnent souvent dans notre inconscient collectif. Les clichés anodins, les blagues racistes, les préjugés ne sont pas sans conséquence.  Ils enferment souvent  les individus dans un cadre, un paradigme immuable et une relation prédéterminée dans lesquels les individus sont conditionnés : « L’ancrage des représentations sociales des individus […est…] socialement déterminé par la structure de la société  dans laquelle elle se développe» (Patricia Braflan-Trobo)
En réalité, les préjugés, les stéréotypes occupent une place importante dans la construction des discriminations : « Le danger, c'est qu'à partir des stéréotypes,  risque de se créer une spirale infernale, on commence par les stéréotypes, qui sont des idées reçues plus ou moins largement partagées par une population donnée. »(http://zisblogovmayn.blogspot.com/2008/07/les-strotypes-sont-partout-au-travail.html)


Peut-on finalement rire de tout ?
Finalement, malgré l’intention inoffensive de certains individus, les stéréotypes qu’ils véhiculent peuvent affecter l’image  et la manière de certains individus dans la définition de leur identité qui est inhibée derrière une représentation figée : « Certains ne sont que de simples sujets de boutades, comme par exemple, à l'étranger les Français sont représentés avec un béret, une baguette de pain sous le bras et une bouteille de vin rouge... Mais cela peut parfois dériver en véritables méchancetés et injustices. Les stéréotypes peuvent être à l'origine de discrimination et de racismes. » ( références de http://zisblogovmayn.blogspot.com/2008/07/les-strotypes-sont-partout-au-travail.html).

Lorsque nous entendons certaines blagues ou commentaires, nous les trouvons amusants, même si nous n’en réalisons pas leur cruauté. De plus, ils peuvent affecter émotionnellement la vie d’autres individus.
L’humour est certainement  important  pour se détendre et  pour absorber les sujets sérieux d’une manière plus légère et les stéréotypes peuvent être inoffensifs si vous savez faire la différence. L’humour est sert aussi à dédramatiser certaines situations. La plupart des gens ont simplement besoin de réfléchir avant de parler et regarder les choses sous un autre angle. C’est essentiel dans les relations humaines d’avoir de l’empathie et de se rendre compte qu’on a dit quelque chose de négatif et cruel, même si ça fait rire.

Mais est-ce que l’humour doit se faire au détriment des autres ? Je pense qu’il est impossible de lutter contre les préjugés et les stéréotypes sans condamner les  paroles discriminatoires même exprimées sous  forme d’humour.

lundi 9 avril 2012

Les femmes dans le monde du travail

Les femmes dans le monde du travail



La place des femmes dans la société est un sujet d’actualité, récemment mis en exergue avec la journée du droit des femmes, le 8 mars 2012.  Certains se sont même demandé l’utilité de cette journée quand le droit des femmes est bafoué au quotidien.

Cela montre l’importance de réfléchir sur ce sujet pour améliorer la société dans son ensemble, car la représentation des femmes au travail est toujours inégale. En effet, « les femmes représentent aujourd’hui 46 % de la population active, contre 34 % dans les années 60» (Margaret Maruani, 2005).

Malgré cette représentation en constante évolution dans le monde du travail, leurs situations professionnelles demeurent toujours marginales : « les métiers demeurent très sexués et les femmes sont surtout venues renforcer des métiers déjà très féminisés […]. Pour le reste, la concentration des emplois féminins s’est aggravée : en 2002, les six catégories socioprofessionnelles les plus féminisées regroupent 60 % des emplois contre 52 % en 1983 » (Margaret Maruani, 2005).

Cette situation aggravante reflète le manque de promotion des femmes dans des postes avancés. En effet,  seulement 2.6 % des femmes sont PDG dans la liste des fortunes 500 (le classement des 500 premières entreprises américaines), selon Herminia Ibarra and Morten T. Hansen dans le Business Harvard Review.
Pourquoi si peu de femmes à des postes de direction quand celles-ci représentent  46% de la population active ? Cela nous amène à examiner les discriminations sexuelles et salariales dont sont victimes les femmes dans le monde de l’entreprise, quand par exemple le salaire des hommes et des femmes représente un “écart de 25 %, même s’il s’est resserré par rapport aux années 60. » (Margaret Maruani, 2005).

Une autre discrimination déroutante est celle liée à la grossesse. Certains employeurs se pose la question d’embaucher des femmes dont les futures grossesses pourraient poser problème.  Je prends ici l’exemple marquant  d’une cadre supérieure, Anne-Caroline Tanguy, « licenciée deux fois, suite à sa  première et sa deuxième grossesse». La vidéo de son entretien est disponible à partir du lien ci-dessous :http://www.liberation.fr/economie/06015013-viree-pour-cause-de-grossesse

D’un point de vue général, il serait plus favorable pour les entreprises de soutenir les femmes enceintes ou mères afin de favoriser la rétention de ses meilleurs éléments, pour l’éthique, les retombées légales et l’image de l’entreprise. Le sexisme à la française est bien une réalité dans le monde de l’entreprise et les stéréotypes dans la sphère professionnelle perdurent.

Pour preuve, certains pensent encore qu’« un homme est évidemment supérieur à la femme […que ...] l’homme a fait plus de choses sur le plan culturel, mathématique et musical. [..et estiment..] qu’il y a une supériorité créative de l’homme.” [Alain Soral]. La vidéo des propos choquants d’Alain Soral est disponible à partir du lien ci-dessous :http://www.dailymotion.com/video/xcio55_soral-la-femme-est-d-abord-un-anima_news

Ce genre de propos discriminants reflètent la relation de pouvoir entre les hommes et les femmes, mais également de la perception inférieure que les femmes se font d’elles-mêmes. De ce fait, le manque d’avancement des femmes dans le monde du travail n’est pas seulement lié aux discriminations qu’elles rencontrent. L’effet pygmalion, ou appelé plus communément l’auto-confirmation de la prophétie  joue un rôle prépondérant dans l’attente par rapport aux femmes. Cela les confinent dans une image stéréotypée « qui […les…] amène[ent] souvent subtilement à agir comme on l’attend ». (Léonore Seron, Janvier 2006). Cette image contemporaine de la femme est souvent hypersexualisée, idéalisée, victimisée et stéréotypée.

Pour conclure, il serait désormais temps d’engager une profonde réflexion sur la place des femmes dans le monde du travail et plus généralement dans la société. Nous pourrions commencer à établir un réel dialogue sans blâmer, ni condamner tous les hommes en général. Un vrai dialogue permettrait de faire comprendre aux hommes les enjeux liés à la place des femmes dans le monde de l’entreprise; et aux femmes de s’affirmer tout en démontrant leurs réelles capacités professionnelles. Serait-il donc temps de faire évoluer les relations de pouvoir hommes-femmes à de véritables dialogues?

Auteur : Magali Toussaint

vendredi 16 mars 2012

Multiculturalism as an Asset from a French perspective


Multiculturalism as an Asset from a French perspective


France is gifted with the beauty of multiculturalism because of the diversity of its territory, people and culture. Indeed, multiculturalism is another way to define what is commonly named Diversity and in a more general explanation, it outlines «the coexisting different ethnic, religious, cultural groups within a same society. A multicultural society is then defined as collectively forming different cultures » (Fred Constant)
Nowadays, multiculturalism is defined as being dangerous, communitarist, a threat for national languages and values, especially in the context of the current French election. This notion is often associated with immigration, which tends to be more valued in English speaking countries such as Canada, United Kingdom or United States.
Whereas France tends to be sceptical about multiculturalism, with assimilationist perception of cultural differences. This concept tends to be perceived as a threat to French identity, value and culture. On a greater extent, it even seems to favour sectarianism and the separation of different groups within the same territory. Recently, this subject has been popularised in the European political scene when Angela Merkel has frankly stated the failure of multiculturalism.
From my experience, I can confirm that multiculturalism is not a threat for French identity, which has already been constructed by a mixture of different regional cultures and dialects. Moreover, France has enriched itself from different cultures and people they have encountered and integrated within its own territory.
Multiculturalism has strong advantages as it provides with the opportunity to learn new languages and cultures, enhance better competitivity and develop better exchanges between different groups, especially on the professional level. Then, multiculturalism is not a failure as some may think, as it is certainly the key to French success.
Nowadays, French professionals like me have the opportunity to travel and work around the world; learn new languages, which may lead to the brain drain of young professionals who will be looking for better opportunities abroad. Despite this tendency, French politicians have recently implemented a regulation to reduce the number of highly educated immigrants. Consequently, many highly educated students from abroad cannot stay in France, where they have already been accepted for employment. Therefore, France will inevitably lose talented professional people in the coming future.
Multiculturalism is far from being a failure, when for example countries such as Canada has gained the reputation of being a culturally, ethnically and linguistically diverse as they have accepted their differences. Furthermore, the Magazine Forbes has classified Canada as the best country to live in terms of productivity, competitivity, technology and innovation. Canada has accepted and recognised the beauty and richness of multiculturalism within its own territory, which contributed to its fulfilment and success.


Should we start viewing multiculturalism in France as strength and finally accept our differences to thrive for better competitivity and innovation, or let the country collapse for a generalisation intolerance and bigotry?

Author: Magali Toussaint


Le multiculturalisme comme un atout


Le multiculturalisme comme un atout




Grâce à mon expérience internationale et mes origines, j’ai compris très tôt que le multiculturalisme en France était une richesse, de par son vaste territoire et grâce à sa culture diversifiée. En effet, le multiculturalisme  « désigne la coexistence de groupes ethniques, religieux, culturels différents dans une même société. Une société multiculturelle est alors définie comme une collectivité qui regroupe plusieurs cultures. » (Fred Constant)


Présentement, dans un contexte politique électoral, le multiculturalisme en France est dorénavant perçu comme dangereux, communautariste et attaquant notre langue et nos valeurs. Souvent associée aux thèmes de l’immigration, cette notion est bien plus valorisée dans des pays anglo-saxons tels que le Canada, le Royaume Uni ou les Etats-Unis où le multiculturalisme rencontre un fort succès.


Tandis qu’en France, ce concept est perçu comme attaquant nos valeurs identitaires et culturelles, favorisant le sectarisme et la division des différents groupes au sein de notre territoire. Au sens plus large et d’une vision plus européenne, Angela Merkel a même décrié  son échec en tout point .


Je confirme, par mon expérience, que le multiculturalisme n’est pas un danger pour notre pays car l’identité française est déjà marquée par une superposition de différentes cultures régionales, de par la musique et ses différents dialectes. Tout au long des siècles, elle s'est enrichie  par les contributions des différentes populations qu'elle a côtoyées ou intégrées.

Le multiculturalisme donne donc l’opportunité d’apprendre de nouvelles langues et de nouvelles cultures, offre une meilleure compétitivité et conduit à un meilleur échange ainsi qu’à une acceptation entre les différents groupes, surtout dans un contexte professionnel. Le multiculturalisme ne serait donc pas un échec comme certains l’affirment mais serait indéniablement la clé de notre réussite et de notre succès futurs.


De nos jours, les jeunes Français sont amenés à voyager autour du monde et à pratiquer des langues étrangères, nous assistons donc à la fuite des jeunes cerveaux français qui recherchent de meilleures opportunités à l’étranger. Nous sommes tout de même confrontés à un contexte politique où même l’immigration diplômée est rejetée car dorénavant les préfets doivent instruire «avec rigueur les demandes d'autorisation de travail des étudiants, et d'exercer un contrôle approfondi des demandes de changement de statut des étudiants étrangers » (Libération) et ceci ne fait qu’aggraver la situation. Après cela, de nombreux étudiants étrangers qualifiés et diplômés ne peuvent pas continuer à travailler dans des entreprises dans lesquelles ils sont en général acceptés. Nous assisterons donc à un manque de talents qualifiés au sein de notre pays dans les années à venir.


Pour prouver que le multiculturalisme n’est pas un échec, prenons ici l’exemple du Canada qui est réputé pour être une nation possédant une diversité culturelle, ethnique et linguistique qui est au cœur du pluralisme canadien.  De plus, le  magazine Forbes a classé le Canada comme étant le meilleur pays où vivre en termes de productivité, compétitivité, technologie et innovation. Le fait de reconnaitre et d’accepter la beauté  et la richesse du multiculturalisme au sein de son territoire a certainement contribué à son épanouissement.


En France, vaudrait-il mieux commencer à voir le multiculturalisme comme une force pour notre compétitivité et notre innovation ou de laisser péricliter ce concept en faveur de l’intolérance et la bigoterie ?


Auteur: Magali Toussaint